Premiers jours : la réanimation

Le service de réanimation où j’ai passé mes premiers jours est équipé de 8 couveuses très techniques. Une machine maintient à l’intérieur un degré d’hygrométrie élevé, ce qui fait que les parois sont couvertes de buée. Une Autre machine m’aide à respirer. J’ai comme un bouchon métallique sur le nez, maintenu en place par un bonnet sur ma tête. Pour éviter de me mettre trop de perfusions partout alors que je suis très petite, j’ai un cathéter branché sur le cordon. Chaque couveuse est reliée à plusieurs appareils. Quand quelque chose ne va pas, une sonnerie se déclenche. Les appareils d’aide à la respiration sont aussi bruyants, et la salle est éclairée jour et nuit. Je suis presque nue dans ma couveuse, avec un bonnet et des moufles, pour permettre aux soignants de surveiller ma couleur, parce que ma peau fragile supporterait mal des vêtements, et parce que j’ai trop de tuyaux et de fils pour qu’on puisse m’habiller. J’ai les bras attachés pour que je n’arrache pas mes fils et tuyaux. Une petite trappe permet à mon papa et à ma maman, de passer la main et de me caresser doucement. Quand je sens qu’ils sont là, j’ouvre un peu les yeux pour les regarder. Mes yeux sont couleur plomb, comme tous les prématurés. Mes bras sont de la taille d’un doigt de mon papa.

Le 28 Octobre, on m’a retiré l’appareil que j’avais sur le nez, et mon bonnet de clown. On les a remplacés par un petit tuyau qui vient dans une de mes narines, et un petit bonnet en coton pour me tenir chaud à la tête. J’ai un peu maigri, comme tous les bébés à la naissance, et pèse maintenant 980 grammes.

Le 30 Octobre, ma Maman quitte l’hôpital et rentre à la maison s’occuper de mon grand frère, mais elle vient me voir tous les après midi. Seuls mes parents peuvent venir me visiter près de ma couveuse. Pour cela, ils passent dans une salle où ils se lavent les mains et les bras avec un savon désinfectant, et ils mettent une blouse spéciale en papier et des protège chaussures. Au début, ils avaient très peur quand un appareil sonnait dans la salle, et puis, ils ont appris à quoi correspond chaque sonnerie, à lire les écrans des appareils et à me regarder pour voir s’il y a vraiment un problème. (ou à regarder mes petits voisins si c’est leur appareil qui sonne).

Le 1er Novembre, quand ils viennent me voir, mes parents manquent d’attraper une crise cardiaque en trouvant un autre bébé dans ma couveuse. En fait, c’est parce que je vais mieux, et que je suis passé aux soins intensifs.

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