La salle des pré-sortants est placée entre la salle de réanimation et les salles de soins intensifs. Les parents des bébés de la salle sont des vieux habitués, ils sont plus à l’aise avec leur bébé qui, en général, va plutôt bien. Pour ceux qui ne vont pas si bien que çà, et qui ont besoin d’une aide respiratoire à la maison, c’est aussi là qu’on apprend à gérer les soins à domicile. Certains enfants passent le week-end à la maison et reviennent en semaine. Dans la salle, il y a des couveuses ou des berceaux selon les besoins.
Ma maman demande tous les jours si elle peut donner le sein, et tous les jours, on lui dit que c’est trop tôt. Du coup, le 13, elle me le donne quand même en douce, quand il n’y a personne dans le secteur, et je lui montre que je sais très bien comment çà marche. Elle n’ose pas trop recommencer quand mon papa n’est pas là. Le 16 décembre, un médecin vient voir mon papa et lui dit qu’on pourra faire un essai de mise au sein le lendemain. Le 17, la moitié du service est là pour m’admirer en train de téter. Je leur montre que je me débrouille comme un chef.
Noël approche. Ma mamie m’a fabriqué un sapin en tissus avec des grelots, qui est posé sur le toit de ma couveuse. Mon papa m’a apporté des décorations en cellophane avec lesquelles il a décoré ma couveuse. Du coup, les soignantes m’ont mis des draps aux couleurs de Noël.
Le 22 décembre, je sors de couveuse et je suis mise dans un berceau. J’ai droit à des habits un peu plus chauds. Je pèse juste 2 kg. Mes parents sont un peu inquiets sur le fait que je puisse avoir froid, mais les jours suivants, je continue à bien grossir. C’est beaucoup plus facile de me prendre dans un lit que dans une couveuse, et j’ai ma petite table à langer personnelle sur le côté de mon lit. Je commence à bien m’intéresser à mes petits voisins et à mes jouets.
Le 27 décembre, mon grand frère demande aux médecins s’il peut me voir «pour de bon» (pas à travers une vitre). La demande est acceptée. Mes parents m’emmènent dans une petite salle, et je passe une heure dans ses bras. Il me câline et me chante des berceuses.
Lesmédecins proposent à mes parents de me faire une vaccination contre la bronchiolite. C’est un nouveau produit, qui est déjà en circulation aux Etats Unis et en Angleterre, mais qui n’a pas encore l’autorisation de mise sur le marché en France. Après réflexion, mes parents acceptent. J’aurai donc 5 injections de Palivizumab en plus des vaccins habituels.
Noël et le jour de l’an passent. Il n’y a rien d’officiel, mais j’ai l’impression que je n’attendrai pas mon terme normal (fin janvier) pour rentrer à la maison. Et en effet, le 7 janvier, une fois mon dernier vaccin fait, le médecin préviennent mes parents que je pourrai rentrer le samedi 9 janvier.
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